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AtelierBrumaire
Allée de jardin plongeant vers une lueur ambrée entre des massifs sombres

Les Jardins

Jardinsd'exception créés en Alsace

Trente-deux jardins dessinés depuis 2011, du vignoble au piémont vosgien. Cinq sont montrés ici.

Chaque jardin porte un nom. C'est notre manière de dire qu'il ne s'agit pas d'un chantier livré mais d'une œuvre confiée, avec son lieu, sa surface et son année. Les autres restent chez leurs propriétaires, à l'abri des regards : c'est aussi cela, un jardin d'exception en Alsace.

Étude

Le Verger Haut

Katzenthal, 4 800 m², 2020 à 2023

Une prairie de fruitiers abandonnée sur un coteau, au-dessus du village. Trois ans pour en faire un jardin qu'on croirait là depuis toujours.

Temps I, le lieu

Ce que la prairie disait déjà

Une pente à quinze pour cent, deux vieux mirabelliers, l'herbe haute jusqu'à mi-cuisse et la brume qui remonte de la vallée chaque matin d'octobre. Nous y sommes revenus sept fois avant de tracer la moindre ligne : au lever, à midi, au couchant, sous la pluie. Le sol, un limon caillouteux sur grès, dit ce qui poussera. La lumière, elle, dit où l'on s'assiéra.

Prairie en pente au petit matin, vieux arbres fruitiers et collines dans la brume
Mains dessinant un plan de jardin au crayon sur une table de chêne, feuilles et galets posés à côté

Temps II, le geste

Une seule ligne, tenue jusqu'au bout

Le dessin a tenu en un geste : un chemin qui contourne les deux fruitiers au lieu de les affronter, et qui fait descendre le promeneur en trois boucles au lieu d'une ligne droite. Tout le reste en découle, les murs de soutènement comme les masses de charmes. Quatre versions du plan, six mois de discussions avec les propriétaires, et le refus assumé de la piscine qu'ils demandaient au départ : elle aurait crevé la pente.

Temps III, la matière

Grès rose, chêne, gravier de rivière

Quatre-vingts tonnes de grès rose des Vosges montées à sec par un tailleur du piémont, sans un gramme de ciment. Un banc taillé dans un chêne abattu sur place, laissé brut pour qu'il grisaille. Un gravier de rivière qui crisse sous le pas, choisi pour ce son précis. Les matières ne décorent pas le jardin : elles le tiennent debout et le font vieillir juste.

Gros plan d'un mur de grès rose monté à sec, fougères dans les joints
Gros plan de chêne brut patiné, une feuille verte posée sur le bois

Temps IV, les saisons

Le jardin a pris trois ans pour devenir lui-même

La première année, on voit le dessin. La deuxième, on voit les plantes. La troisième, on ne voit plus que le jardin. Les molinies ont fermé les vides, les charmes ont pris leur volume, les mirabelliers ont retrouvé de la lumière et refont des fruits. Nous y passons quatre fois par an, sécateur en main. C'est à ce moment qu'un jardin cesse d'être un projet.

Jardin mûr en automne, cuivres et verts profonds dans la lumière rasante

Le répertoire

Cinq jardins nommés

Cour close, coteau viticole, jardin d'eau, sous-bois, verger de pente. Cinq lieux qui n'ont rien en commun, sinon la manière de les regarder.

Cour de maison vigneronne au soir, grès rose, topiaires et vigne grimpante

La Cour des Vendanges

Eguisheim, 420 m², 2021

Une cour de maison vigneronne rendue à l'ombre et au calme. Grès rose lavé, topiaires de buis remplacés par de l'if, une vigne centenaire conservée et remise au centre.

Jardin en terrasses sur un coteau viticole, murs de pierre sèche et graminées à contre-jour

Le Grand Escalier

Riquewihr, 3 200 m², 2019

Sept terrasses de pierre sèche épousant la pente d'un coteau. Des vagues de graminées prises à contre-jour et, en bas, la vallée qui se remplit de brume vers dix-huit heures.

Bassin miroir au crépuscule, margelle de pierre massive et feuillages débordant sur l'eau

Le Miroir noir

Kaysersberg, 1 100 m², 2022

Un bassin sombre de dix-huit mètres, margelle de grès massif, fougères et hostas qui débordent sur l'eau. Le jardin ne se regarde plus, il se reflète.

Jardin de sous-bois, marches de pierre s'enfonçant dans les fougères et la mousse

La Chambre d'Ombre

Ribeauvillé, 2 400 m², 2018

Sous de vieux tilleuls, un jardin qui ne cherche pas la lumière. Tapis de mousse, fougères, hellébores, et des marches de pierre irrégulières qui s'enfoncent dans le vert.

Jardin mûr en automne, cuivres et verts profonds dans la lumière rasante

Le Verger Haut

Katzenthal, 4 800 m², 2023

Le jardin de l'étude ci-dessus, trois ans après la plantation. Ouvert à la visite deux week-ends par an, en mai et en octobre.

Matières

Ce dont un jardin est fait

Gros plan d'un mur de grès rose monté à sec, fougères dans les joints

Pierre

Grès rose des Vosges monté à sec, sans ciment. Il chauffe au soleil de fin de journée et se couvre de fougères dans les joints au bout de deux ans.

Gros plan de chêne brut patiné, une feuille verte posée sur le bois

Bois

Chêne brut, jamais lasuré. On l'accepte gris au bout de trois hivers : c'est ce gris argenté que nous dessinons, pas le bois neuf.

Branche de charme détourée, feuilles vertes accrochant la lumière ambrée du soir

Feuillage

Des masses avant des fleurs. Charme, if, cornouiller, molinie : le volume, la texture, le mouvement quand le vent descend du vignoble.

Bassin miroir au crépuscule, margelle de pierre massive et feuillages débordant sur l'eau

Eau

Sombre, immobile, à ras. L'eau n'est pas un ornement, c'est un morceau de ciel posé dans le jardin.

La suite

Votre lieu a une histoire

Une pente, un mur ancien, un arbre que personne n'ose toucher : il y a toujours quelque chose sur place qui donne le premier mot. Racontez-nous le vôtre, nous viendrons le lire.