
La Cour des Vendanges
Eguisheim, 420 m², 2021
Une cour de maison vigneronne rendue à l'ombre et au calme. Grès rose lavé, topiaires de buis remplacés par de l'if, une vigne centenaire conservée et remise au centre.

Les Jardins
Trente-deux jardins dessinés depuis 2011, du vignoble au piémont vosgien. Cinq sont montrés ici.
Chaque jardin porte un nom. C'est notre manière de dire qu'il ne s'agit pas d'un chantier livré mais d'une œuvre confiée, avec son lieu, sa surface et son année. Les autres restent chez leurs propriétaires, à l'abri des regards : c'est aussi cela, un jardin d'exception en Alsace.
Étude
Katzenthal, 4 800 m², 2020 à 2023
Une prairie de fruitiers abandonnée sur un coteau, au-dessus du village. Trois ans pour en faire un jardin qu'on croirait là depuis toujours.
Temps I, le lieu
Une pente à quinze pour cent, deux vieux mirabelliers, l'herbe haute jusqu'à mi-cuisse et la brume qui remonte de la vallée chaque matin d'octobre. Nous y sommes revenus sept fois avant de tracer la moindre ligne : au lever, à midi, au couchant, sous la pluie. Le sol, un limon caillouteux sur grès, dit ce qui poussera. La lumière, elle, dit où l'on s'assiéra.


Temps II, le geste
Le dessin a tenu en un geste : un chemin qui contourne les deux fruitiers au lieu de les affronter, et qui fait descendre le promeneur en trois boucles au lieu d'une ligne droite. Tout le reste en découle, les murs de soutènement comme les masses de charmes. Quatre versions du plan, six mois de discussions avec les propriétaires, et le refus assumé de la piscine qu'ils demandaient au départ : elle aurait crevé la pente.
Temps III, la matière
Quatre-vingts tonnes de grès rose des Vosges montées à sec par un tailleur du piémont, sans un gramme de ciment. Un banc taillé dans un chêne abattu sur place, laissé brut pour qu'il grisaille. Un gravier de rivière qui crisse sous le pas, choisi pour ce son précis. Les matières ne décorent pas le jardin : elles le tiennent debout et le font vieillir juste.


Temps IV, les saisons
La première année, on voit le dessin. La deuxième, on voit les plantes. La troisième, on ne voit plus que le jardin. Les molinies ont fermé les vides, les charmes ont pris leur volume, les mirabelliers ont retrouvé de la lumière et refont des fruits. Nous y passons quatre fois par an, sécateur en main. C'est à ce moment qu'un jardin cesse d'être un projet.

Le répertoire
Cour close, coteau viticole, jardin d'eau, sous-bois, verger de pente. Cinq lieux qui n'ont rien en commun, sinon la manière de les regarder.

Eguisheim, 420 m², 2021
Une cour de maison vigneronne rendue à l'ombre et au calme. Grès rose lavé, topiaires de buis remplacés par de l'if, une vigne centenaire conservée et remise au centre.

Riquewihr, 3 200 m², 2019
Sept terrasses de pierre sèche épousant la pente d'un coteau. Des vagues de graminées prises à contre-jour et, en bas, la vallée qui se remplit de brume vers dix-huit heures.

Kaysersberg, 1 100 m², 2022
Un bassin sombre de dix-huit mètres, margelle de grès massif, fougères et hostas qui débordent sur l'eau. Le jardin ne se regarde plus, il se reflète.

Ribeauvillé, 2 400 m², 2018
Sous de vieux tilleuls, un jardin qui ne cherche pas la lumière. Tapis de mousse, fougères, hellébores, et des marches de pierre irrégulières qui s'enfoncent dans le vert.

Katzenthal, 4 800 m², 2023
Le jardin de l'étude ci-dessus, trois ans après la plantation. Ouvert à la visite deux week-ends par an, en mai et en octobre.
Matières

Grès rose des Vosges monté à sec, sans ciment. Il chauffe au soleil de fin de journée et se couvre de fougères dans les joints au bout de deux ans.

Chêne brut, jamais lasuré. On l'accepte gris au bout de trois hivers : c'est ce gris argenté que nous dessinons, pas le bois neuf.

Des masses avant des fleurs. Charme, if, cornouiller, molinie : le volume, la texture, le mouvement quand le vent descend du vignoble.

Sombre, immobile, à ras. L'eau n'est pas un ornement, c'est un morceau de ciel posé dans le jardin.
La suite
Une pente, un mur ancien, un arbre que personne n'ose toucher : il y a toujours quelque chose sur place qui donne le premier mot. Racontez-nous le vôtre, nous viendrons le lire.